L’euro et ses conséquences sur la relation Banque - Entreprise

Philippe Kneipe*


Resume

The further use of the euro by corporates will affect both the bank and corporate organisations. The bankers are already on the move to adapt their business and computer programs to this new challenge. They are in the middle of financial flows generated by the economies and they cannot miss to catch the train to the euro. They will put large amounts of money into the adaptation of their organisation and the formation of their staff. But what about the corporates ? Are they aware of the multiple incidents of the transition to the euro on various aspects of their day to day’s business life ? It seems not for the moment for many of them. But it will change quickly in the following months due to the more and more extensive information provided on the subject by the EC, the bankers, seminars and professional corporate associations. The help of bankers will in that case be of first importance to manage a smooth transition. But the bankers are also anxious about their future evolution and so do treasures in european affiliates of multinationals. It seems clear that the relationship will change and that the treasury management will be concentrated into « european financial centres » with less need for various accounts in each country and easier cross-border financing facilities. EURO will then similar to Everybody Urge to Review their Objectives.


L’EURO REPOND A PLUSIEURS BESOINS.

La mondialisation des affaires et la création de grandes zones économiques de libre-échange ont induit l’importance des grandes devises fortes dans les échanges mondiaux. La multiplicité de petites devises nationales sans envergure devenait de plus en plus anachronique en Europe et créait petit à petit une distorsion de concurrence en faveur des grands pays dont la devise est plus largement adoptée dans les échanges commerciaux. L’avènement de l’euro constituera sur ce plan un réel atout pour les entreprises européennes en compétition avec d’autres blocs économiques.

De nouvelles synergies et rationalisations seront rendues possibles grâce à l’utilisation commune de l’euro comme monnaie de base de plusieurs pays européens tant sur le plan du financement que de la réalisation de synergies additionnelles dans le domaine de l’exécution des payements et de l’enregistrement des encaissements. Les frais des transactions seront diminués et les trésoreries nationales seront plus facilement transférées au sein d’un centre financier spécialisé tel qu’un Centre de Coordination.

La transparence des prix sera devenue une réalité et permettra une comparaison immédiate des coûts des matières premières et des produits finis importés. Il n’y aura plus de confusion trouble entre marge commerciale et marge financière sur les transactions avec l’étranger ni risques de change à couvrir ou assumer.

Enfin, la monnaie unique devrait simplifier la gestion des entreprises sur le plan des rapports financiers, comparaisons budgétaires et unification des tarifs des produits, et renforcer encore la centralisation administrative en vue de l’allégement des coûts de structure.


LA PREPARATION DES ENTREPRISES EST DEVENUE URGENTE ET...

Cette prise de conscience de la nécessité de s’adapter et de se préparer au passage à l’euro est malheureusement encore fort diffuse. Des différences dans l’avancement de la préparation existent suivant la taille des entreprises, le caractère international de leurs activités ou leur nationalité (les sociétés situées dans les pays les plus susceptibles de faire partie des élus de la première vague étant plus motivées que les autres). Les priorités ne sont pas les mêmes pour toutes et les entreprises n’ont, pour la plupart, pas encore entamé une étude approfondie des conséquences du passage à l’euro sur leur organisation, leurs relations avec les tiers et les modalités pratiques de la réalisation de leurs opérations commerciales et financières.

Les raisons de cette impréparation des entreprises sont également d’ordre pratique: les informations détaillées sur les options techniques et organisationnelles envisagées par la Communauté Européenne ne sont apparues que récemment, soit dans des communications à la presse, soit lors de conférences et séminaires spécialisés sur le sujet. Un certain nombre de points techniques sont d’ailleurs encore en discussion au sein de la Communauté Européenne et de l’Institut .Monétaire Européen et n’ont pas reçu, jusqu’à présent, de solution définitive. Le bouleversement est important et les solutions ne tombent pas du ciel, car il n’y a pas d’opération similaire dans un passé récent qui puisse vraiment servir de point de référence. D’où les tâtonnements et les nombreux groupes de réflexion qui se mettent en place avec l’aide et le soutient de la Communauté Européenne pour répondre aux multiples questions d’ordre opérationnel et pratique.

Compte tenu du rapprochement inéluctable des échéances importantes du processus et du temps nécessaire à la mise en place des nouvelles structures (notamment informatiques), il est fort probable que les entreprises seront contraintes d’enclencher le turbo après les mois d’incrédulité ou d’insouciance. Déjà des voix s’élèvent pour prédire une pénurie dans les mois à venir de ressources humaines dans les domaines techniques les plus sollicités.


DIFFERENTES STRUCTURES S’Y EMPLOIENT.

Au niveau interne de l’entreprise d’abord, la décision et la mise en place du groupe de travail chargé de cette préparation revêt un caractère stratégique. Suivant la taille de l’entreprise, son degré d’internationalisation et son organisation interne, ce projet sera supporté soit par la maison-mère, soit par une entité spécifiquement dédiée à ce genre de problème comme un Centre de Coordination, soit le patron lui-même dans le cas d’une petite PME. Il est important que la décision soit prise à haut niveau et engendre une motivation qui rayonne au sein de l’entreprise, afin de réussir cette nouvelle épreuve sans difficulté et éviter la dispersion des efforts dans des options contradictoires.

Pour coordonner les solutions techniques et faire part des réflexions des entreprises sur les options pratiques à envisager et les problèmes rencontrés, la Fédération des Entreprises de Belgique a créé une cellule qui se consacre à ce thème. Elle répond aux questions des entreprises et établit les contacts avec les autorités nationales dans le cadre du "schéma de place" ou plus directement avec les services concernés de la Communauté Européenne, selon le cas. Elle a déjà organisé en avril 1996 un séminaire destiné à lancer le débat au sein des entreprises et édité une brochure d’information générale. Cette action se prolonge également au travers des fédérations sectorielles plus proches des préoccupations spécifiques de leurs membres.

A côté des structures regroupant des entreprises, il y en a d’autres à caractère plus corporatif tels que les associations de directeurs financiers, de trésoriers d’entreprises, de comptables et de réviseurs qui préparent à des degrés divers les réponses à apporter aux problèmes particuliers soulevés dans l’exercice des professions concernées. Ces travaux seront alimentés, d’une part, par les questions que les entreprises ne manqueront pas de soulever et, d’autre part, par les décisions que les autorités prendront dans les matières financières et juridiques qui concernent les entreprises.

Au sein de l’Association des Trésoriers d’Entreprises en Belgique plus particulièrement, une commission chargée de la réflexion sur les problèmes du passage à l’euro a été constituée. Des rencontres sont organisées avec des spécialistes de banques ou des responsables de la Communauté Européenne pour débattre ouvertement des problèmes techniques et pratiques qui vont affecter l’exercice de la profession de trésorier, les conditions des marchés financiers et les systèmes de paiements. Ce dialogue va se prolonger pendant de nombreux mois et devrait perdurer après la mise en route de l’euro car les premiers changements en susciteront certainement d’autres par réaction. Les trésoriers d’entreprises souhaitent jouer un rôle actif dans ces transformations qui sont au coeur de leurs activités journalières.

Il semble donc que la préparation des entreprises pourra se faire dans de bonnes conditions d’encadrement sur le plan externe, mais que la multiplicité des démarches actuelles peut nécessiter une action de coordination et de hiérarchisation des priorités. La Communauté Européenne avait, par le passé, multiplié les contacts avec les associations professionnelles pour débroussailler le terrain, mais semble actuellement continuer le processus dans une approche essentiellement ²top-down². Peut-être que les entreprises souhaiteront pouvoir "renvoyer l’ascenseur" lorsqu’elles auront bien progressé dans l’analyse des problèmes soulevés au sein de leur organisation.


LE ROLE DU BANQUIER RESTE ESSENTIEL

Le secteur bancaire est au centre du processus de changement en raison de sa position privilégiée dans le tissu économique et de son rôle majeur dans la réussite du passage des transactions dans la nouvelle monnaie que constitue l’euro. De nombreuses concertations ont déjà eu lieu, tant au niveau européen qu’au niveau domestique au sein de ce secteur, afin que tout soit fin prêt pour les différentes échéances du processus.

Voilà plusieurs années que les banques ont créé en leur sein les groupes de travail adéquats chargés d’analyser en profondeur les changements indispensables pour adapter leurs structures et leurs produits aux conditions nouvelles que ce processus va inéluctablement générer. Les bouleversements seront d’abord informatiques, mais toucheront également les gammes de produits et les marchés financiers. Leur expérience a donc quelques longueurs d’avance sur le même processus de préparation que les entreprises vont entamer. Des similitudes entre le processus d’adaptation des structures des entreprises bancaires et non bancaires existent et il serait opportun que cette expérience soit mise à profit pour permettre un gain de temps et assurer le succès de la transition. Les banquiers en ont conscience et vont commencer progressivement à informer leur clientèle sur les changements pratiques et techniques qui seront à réaliser pour maintenir, après l’adoption de l’euro, le haut niveau de fiabilité et d’automatisation des opérations qui a été atteint dans notre pays.


LES CONSEQUENCES SUR LA GESTION DE LA TRESORERIE

La gestion de la trésorerie connaîtra quelques turbulences déjà avant le passage à l’euro. L’incertitude concernant le choix des pays retenus et le niveau de la fixation des parités contre euro est déjà au centre des préoccupations des intervenants sur les marchés financiers. Les monnaies des pays européens concernés ou non par l’adhésion seront confrontées à un accroissement de leur volatilité. Cette incertitude concernant les pays retenus va également handicaper la planification des opérations de centralisation de la gestion de trésorerie des filiales susceptibles d’être ou non concernées. Compte tenu du fait que finalement tous les pays finiront bien par y passer, une préparation globale ne serait pas dénuée de fondement et permettrait de ne pas perdre de temps.

La règle communautaire "no prohibition, no compulsion" durant la phase de transition de janvier 1999 à janvier 2002 va certainement créer le plus de problèmes pour les entreprises dans la gestion des transactions avec les tiers. Chaque tiers sera libre de payer dans la monnaie qu’il souhaite : sa monnaie domestique ou l’euro . Même si la facture a été établie en monnaie domestique auparavant, l’entreprise qui le souhaite pourra payer en euro pour se libérer de sa dette. Compte tenu de la grande diversité des dates d’adoption de l’euro par les différents tiers avec lesquels une entreprise réalise des affaires, il sera impératif que les solutions envisagées par les banques dans le traitement des flux financiers tiennent compte d’une double présentation des mouvements sur les extraits de compte: l’une en monnaie domestique, l’autre en euro. A défaut, le trésorier serait obligé de dédoubler ses comptes dans chaque pays concerné en créant un compte euro à coté du compte en monnaie domestique, ce qui alourdirait le traitement administratif de la gestion de trésorerie et de la comptabilisation des flux.

C’est pourquoi, le rôle du banquier sera à nouveau primordial pour assurer le bon ordre de l’exécution des transferts financiers dans le respect de ce principe. D’où également la nécessité d’une large diffusion d’informations sur l’euro et l’importance d’une aide technique maximale des banques vis-à-vis des entreprises pour favoriser une utilisation aussi large que possible de l’euro dès le début de la phase de transition. Le risque subsiste néanmoins de voir que dans le secteur bancaire lui-même certains intermédiaires financiers ne seront pas prêts à temps pour réaliser ce souhait des trésoriers.

La séparation des flux financiers en monnaie domestique et euro créera également une diminution de la liquidité des marchés financiers respectifs. Les effets bénéfiques d’une meilleure liquidité de l’euro ne se réaliseront que progressivement au fur et à mesure du passage des entreprises à la monnaie unique. Les trésoriers risquent peut-être de devoir adapter leurs transactions en conséquence, à moins que les autorités monétaires ne créent les conditions favorables à une bonne liquidité du marché de l’euro dès le début de son lancement. Les banquiers devront également examiner dans quelle mesure des facilités de passage alternatif immédiat d’un financement en devise domestique ou euro ne devraient pas constituer une forme de réponse à l’illiquidité de l’un ou l’autre marché pendant la phase de transition.

A partir de 2002, ces complications disparaîtront et la tâche du trésorier sera simplifiée par l’élimination du dédoublement des marchés et la diminution du nombre de devises à traiter et à couvrir.

La centralisation de la gestion de trésorerie de différentes filiales sera certainement une mutation nécessaire pour de nombreuses entreprises et la formule de cash pooling en euro prendra de l’extension. Les opérations de netting seront également simplifiées par la diminution des devises à prendre en considération et la réduction du risque de change. Il est donc fort probable que l’usage "interne" de l’euro dans les multinationales européennes sera mis à profit au plus tôt.


LES IMPACTS SUR LES RELATIONS BANQUE - ENTREPRISE

Si dans un premier temps la relation banque - entreprise sera caractérisée par un renforcement du dialogue et de la coopération en vue de réussir au mieux la transition vers l’euro dans l’intérêt mutuel des parties concernées, il est inévitable que ce changement des conditions d’exécution des transactions financières et des opérations de financement mènera à une recherche d’un nouvel équilibre des relations.

Les conditions de concurrence ne seront plus les mêmes TANT POUR LES TRESORIERS QUE POUR LES BANQUIERS : le nombre des trésoriers en Europe va irrémédiablement diminuer de même que le nombre de banquiers. Les uns et les autres ne pourront plus légitimer leur présence en raison des particularités de leurs marchés et les rationalisations seront entamées dès que le cadre nouveau de l’exécution des opérations sera bien en place. Ce point inquiète pour l’instant plus les banquiers qui sont conscients des limites de leur taille et se demandent comment leur clientèle va réagir lorsqu’elle comprendra que la nécessité de maintenir plusieurs banquiers locaux n’aura plus de raison économique. Qui sera maintenu ? Qui sera abandonné ? Quels seront les critères de sélection ? Quels seront les arguments commerciaux, technologiques ou géographiques qui emporteront les décisions ? Il est encore prématuré de vouloir y répondre aujourd’hui, alors que tous les éléments du problème ne sont pas encore connus et que la priorité est la réussite de la transition.

Avant d’en arriver là, il y aura certainement quelques sujets intéressants de débat pour animer la réflexion des banquiers sur la façon de rendre un service plus performant à leurs clients ²corporate². La transformation de la gestion des paiements étrangers en paiements domestiques "européen" reste, par exemple, un souhait important des trésoriers. Les banques continuent obstinément à proposer des solutions qui font référence, soit à leur réseau de filiales propres, soit à un réseau de correspondants privilégiés (tel que IBOS), soit leur réseau de correspondants traditionnels. Il n’est jamais question d’une solution où les centres de compensation de chaque pays seraient interconnectés pour tisser un véritable réseau des paiements européens. L’argument d’une meilleure efficacité des systèmes dans le cadre d’une saine concurrence entre intermédiaires financiers proposant des solutions différentes est toujours présenté par les banques comme la meilleure opportunité pour les entreprises. Visiblement les banquiers ne croient pas en l’émergence d’un standard unique en Europe.

Le projet TARGET des banques centrales réalisera cependant cette structure, mais uniquement pour l’exécution de payements de gros montants. Cette structure sera ,en outre, réservée aux transactions des banques des pays faisant partie de l’UEM. La technique sera donc disponible, mais c’est la volonté des banques de réaliser la commercialisation d’un tel système pour tous les types de paiements qui fait défaut. Un peu comme dans les discussions autour du projet EDIFACT, chaque association bancaire défend surtout les solutions développées par son pays d’origine et ne souhaite pas adopter à grands frais celle du voisin. Il reste à espérer que le bon sens l’emportera et que la naissance de l’euro exercera également une pression en faveur de la création d’une compensation commune des flux financiers. La compensation intégrée d’une monnaie unique serait certainement la solution la plus simple pour la gestion rapide et économique des transferts financiers intra-communautaires. Pour ce faire, il faut une autorité qui puisse mettre fin à la guerre des bricolages tortueux et coûteux à tous les niveaux. Le système actuel de compensation des opérations en écus privés pourrait-il être utilisé pour le clearing des euros à l’avenir?

L’entrée en vigueur de l’euro aura probablement une influence sur l’utilisation des modes de paiement dans la Communauté Européenne. Actuellement, les pays du nord de l’Europe privilégient les paiements par transfert tandis que le sud utilise encore largement les effets et que les anglo-saxons ne dédaignent pas les chèques. A l’avenir, il se peut que le transfert se généralisera en raison de son coût avantageux, des pressions de la Communauté Européenne pour une raccourcissement des délais de règlement en Europe et de la nécessaire harmonisation des systèmes bancaires européens.

Dans le même ordre d’idées, les trésoriers souhaitent également une standardisation des formats de fichiers, des protocoles de transmission des données et des signatures électroniques utilisés en Europe par les banques. La réussite de l’euro passe par le démantèlement des barrières techniques qui empêchent la libre circulation des données de paiements, d’encaissements ou d’extraits de compte. Le démarrage imminent en Belgique du système ISABEL, qui répond entièrement à ces besoins des trésoriers, constitue un tournant important dans l’attitude des banquiers face aux besoins des sociétés et mérite d’être encouragé pour qu’il puisse rapidement déboucher sur un service équivalent dans l’ensemble de la Communauté Européenne. Par ignorance, chauvinisme ou dédain, les banquiers européens n’attachent pas assez d’importance à la qualité, au bon sens et à la stratégie visionnaire des réalisations du secteur bancaire belge depuis de nombreuses années.

La suppression d’une masse de transactions de change dans les devises qui passeront sous la bannière de l’euro devrait apparemment diminuer les ressources des banques. C’est faire abstraction du développement attendu des marchés des devises des pays de l’Est dont les économies sont en train de se transformer en de nouveaux dragons. Les entreprises occidentales réaliseront à l’avenir de plus en plus de transactions dans ces monnaies qui deviendront convertibles et négociables comme d’autres devises européennes. Il y aura donc déplacement des risques de change à gérer vers ces pays-là et leur demande en spécialistes du cambisme et de la trésorerie devrait fortement augmenter.

Enfin, les programmes de billets de trésorerie ou de papier commercial émis selon les formes juridiques locales et participant à des clearing différents vont-ils donner lieu à une harmonisation européenne lors du passage à l’euro ou vont-ils restésautonomes ? Il semble hautement probable que la dérégulation des marchés que va entraîner la monnaie unique touchera également ce domaine. Le billet de trésorerie belge devrait pouvoir émerger dans la concurrence internationale si l’handicap de l’insignifiance du BEF sur le plan international pouvait être esquivé.


CONCLUSION

L’avènement de la monnaie unique apportera son cortège de bouleversements dans un secteur bancaire qui a longtemps pu vivre confortablement dans une zone d’activité régulée et protégée. Cette mutation devrait pouvoir déboucher sur un contexte plus favorable au développement économique et engendrer par conséquence une croissance des transactions financières dont les banques pourront profiter. Celles-ci préparent fiévreusement leur adaptation à ce nouveau cadre de vie et pourront assister les entreprises dans la réussite de leur adaptation.

Les changements affecteront non seulement les banques mais aussi les trésoriers d’entreprises qui devront également modifier leurs activités en tenant compte des possibilités nouvelles qui seront à leur disposition. La centralisation de la gestion des flux et la concentration des moyens financiers seront les maîtres-mots de cette réorganisation qui aura des conséquences sur la survie ou non des trésoreries locales. La concurrence entre banques sera encore plus vive, mais le marché de base sera également beaucoup plus vaste pour tous. Les grandes banques auront la puissance comme atout, tandis que les plus modestes pourront mettre leur agilité ou leur souplesse en exergue. Il ne faut donc pas se focaliser sur sa bouteille qui risque de n’être plus qu’à moitié pleine, mais lorgner sur la partie encore à moitié bien remplie...de celle du voisin.

Il y a encore un bel avenir pour les relations banques - entreprises, dont le maître-mot restera la qualité de l’écoute du client pour lui offrir les solutions qu’il attend et non celles que la banque voudrait lui imposer.

16-09-1996


* Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur. Celui-ci assume actuellement la direction du Centre de Coordination d’une multinationale européenne. Il est également l’auteur du livre "La gestion de la trésorerie de l’entreprise" paru aux éditions DE BOECK, est professeur à l’ABC et animateur de la commission EURO de l’Association des Trésoriers en Belgique (ATEB). Cet article paraîtra dans une version un peu différente dans la "Revue de la Banque" du mois de novembre 1996.


back HOME CONTACT