Editorial


Le secteur bancaire et l’euro

Le Sommet de Madrid, à la fin de 1995, a levé les derniers doutes sur la volonté politique des Etats-membres de mener à son terme le projet de l’UEM, le sommet de Dublin, à la fin de 1996, va apporter d’ultimes précisions institutionnelles et juridiques. L’année 1996 aura ainsi été décisive pour la mise en place de la troisième phase et pour le passage à l’euro. Les durs efforts entrepris actuellement par l’Espagne et l’Italie pour faire partie du peloton de tête montrent que la monnaie unique est devenu l’objectif de nombreux Etats-membres. Invoquer maintenant des incertitudes ou des imprécisions de quelque nature que ce soit pour remettre à plus tard une réflexion sur ce sujet ne peut cacher désormais qu’une indécision ou une impréparation qui pourraient devenir très coûteuses pour les retardataires.

Le secteur bancaire est parmi les agents économiques celui qui est concerné au premier chef. Il est normal que les banques se soient penchées depuis longtemps sur ce problème car elles devront être prêtes à proposer des services en euro dès le ler janvier 1999.

L’euro est un défi tout à fait considérable pour ce secteur, car la base nationale du fonds de commerce relativement fermé de chaque banque va se trouver remplacée par une base européenne plus vaste mais beaucoup plus ouverte à la concurrence. Ce bouleversement de grande ampleur concommitant avec des changements très importants dans d’autres domaines comme la désintermédiation, la globalisation financière et la révolution informatique va conduire à de très profondes mutations dans les activités de ce secteur. L’euro ne doit cependant pas être considéré comme une menace mais plutôt comme une chance: il est par excellence le projet catalyseur permettant de mobiliser les énergies.

Le secteur bancaire n’est pas isolé dans cet effort de mutation, il est simplement en première ligne mais tous les agents économiques, consommateurs y compris, se sentent maintenant concernés. A tous les niveaux on prend conscience de l’urgence d’une réflexion coordonnée qui puisse aboutir dans chaque Etat membre à une mise en oeuvre harmonieuse et bénéfique de cette nouvelle monnaie. Progressivement une concertation générale s’organise, bien souvent sous l’égide des pouvoirs publics.

Le présent numéro consacré à la préparation du secteur bancaire ne prétend pas à un caractère exhaustif. Il a été constitué avec le souci de cadrer tout d’abord le contexte dans lequel va se faire ce passage, puis de présenter quelques uns des problèmes qui devront être résolus par chacune des banques concernées.

Le comité de rédaction


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