Editorial


Une impulsion pour orchestrer des solutions

Réuni à Madrid, les 15 et 16 décembre 1995, le Conseil européen, en arrêtant formellement le scénario de référence pour le passage à la monnaie unique, a clairement montré sa volonté politique de mener à bien le processus d'union économique et monétaire. Ce faisant, il a donné une impulsion forte pour que des solutions soient trouvées aux problèmes encore à régler sur la base d'une coordination bien orchestrée entre les Institutions communautaires, les Etats membres et les secteurs concernés.

Quatre de ces problèmes ont retenu l'intérêt dans ce numéro. Les deux premiers, pour lesquels le Conseil européen a demandé que des propositions lui soient faites, concernent l'impérieuse nécessité pour la Communauté de garantir à la fois la stabilité de la monnaie unique à l'intérieur de la zone euro et celle des relations de change entre cette zone et les Etats-membres qui n'y seront pas intégrés dès le début. La première préoccupation vise à éviter, grâce à une discipline budgétaire stricte, les turbulences qui pourraient déstabiliser l'Euro. La seconde, en organisant officiellement des relations de change intra-communautaires veut empêcher que le marché unique ne se disloque sous la poussée concurrentielle des monnaies d'Etats membres ne participant à la zone euro.

A ces préoccupations immédiates, on en a ajouté deux autres. Il s'agit tout d'abord du rôle des administrations publiques dans le processus d'union monétaire et même plus largement de la mise en oeuvre coordonnée dans chaque Etat-membre concerné de la considérable infrastructure indispensable pour mener à bien l'introduction de l'euro. La seconde de ces préoccupations inquiète tout particulièrement les opérateurs financiers concernés par l'avenir du marché de l'écu et la manière dont s'établiront les relations entre les cours de change et les taux d'intérêt de l'euro, de l'écu-panier et des monnaies composantes. Là aussi, les autorités communautaires et nationales compétentes doivent donner l'orientation et l'impulsion nécessaires afin de pas laisser un marché désorienté réagir instinctivement et se débrouiller au coup par coup. Simplement abordées dans ce numéro, ces questions, importantes pour un démarrage harmonieux de l'euro, feront l'objet de développements ultérieurs.

En se rappelant que la mise en place d'une monnaie unique n'est pas une fin en soi mais un moyen, il faut espérer que la Conférence Intergouvernementale saura non seulement rendre plus efficace le fonctionnement des institutions communautaires mais aussi établir les bases d'une politique commune en matière sociale et économique.

Le Comité de rédaction

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