Editorial
 
L'attente studieuse du signal

 
L'état actuel du marché de l'écu peut être défini comme l'attente studieuse d'un signal. Cette attente active et les travaux visant à des améliorations structurelles correspondent aux deux parties de ce numéro, le signal attendu pourrait en être la conclusion.

L'attente: avec le calme revenu sur les changes, on constate que le marché de l'écu a plié mais n'a pas rompu. Qu'il ait plié plus que d'autres n'a rien d'anormal pour un instrument monétaire, trop vite devenu une star financière, fragilisé par l'euphorie des années 1991-1992; qu'il n'ait pas disparu est remarquable car, contrairement aux autres devises, il ne bénéficie pas d'un marché domestique pour amortir les chocs lorsque les opérateurs internationaux désertent le marché.

Moins d'investissements spéculatifs, moins de swaps, un recentrage sur les investisseurs en quête de placement durable, une place accrue aux émissions gouvernementales, dont l'émission par le gouvernement portugais du premier emprunt global en écu, sont autant de signes d'un marché qui n'est pas moribond mais qui, au contraire, a atteint une certaine maturité. Bien installé en Europe, son ère d'activité naturelle, il est prêt à redémarrer dès que l'occasion lui en est offerte.

L'étude: le marché de l'écu fait actuellement l'objet de travaux approfondis visant à en améliorer l'efficacité. Une compensation entre les Etats membres structurellement mieux assurée, en liaison avec celle-ci une compensation privée au sein de l'autre partie de l'Europe et une mise en place de procédures de règlement "valeur jour" dans quatre grands pays dessinent déjà l'organisation d'un marché monétaire de l'écu. Il ne restera plus qu'à coordonner ces différents systèmes de règlement nationaux pour en faire le futur marché monétaire de la monnaie européenne. La mise au point d'une courbe de rendement propre aux émissions en écu, des réflexions sur la levée des obstacles juridiques à son usage font également partie des travaux menés actuellement sur l'emploi de cet instrument monétaire.

Le signal: le marché fonctionne et se structure sous l'égide et avec la contribution majeure des institutions monétaires nationales et communautaires mais ce soutien technique n'est pas suffisant; ce qu'attend maintenant le marché de l'écu, c'est la levée, par les responsables politiques, des incertitudes qui planent actuellement sur l'instauration de la monnaie unique. Ce signal officiel, en garantissant que l'Union monétaire et économique sera mise en oeuvre suivant les échéances et les modalités stipulées dans le Traité, mettrait un terme à ce sentiment de doute et d'hésitation. Les opérateurs pourront, alors, s'engager avec résolution dans la préparation de la mise en place de la monnaie unique.

 

Le Comité de rédaction


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