Editorial
 

Monetary Turbulence and EMU Credibility
 

From June 1992 to end of summer 1993, Europe went through a difficult monetary period characterized by a long and deep crisis on the exchange markets. The difficulties were so that some did not hesitate to speak of the EMS death. They even implied the project of Economic and Monetary Union (EMU) credibility.

Before the crisis, the international financial circles were, in their vast majority, inclined towards trusting the UEM project. They thought that with the Maastricht Treaty, the exchange relations of the members had entered a durable stage of stability which could be considered as the preparation to official fixing of currencies parity. The international views underwent a rapid reversal because of the difficult referendums on Europe and the large increase of the labour crisis. These have raised doubts on the European commitment of some of the States. The fall of the first currency to be attacked swept along the next one and the EMS itself could have vanished, had not the fluctuation margins been amplified.

Several months after the events, one perceives that all has not been destroyed : the parity grid between the EMS hard core currencies have not been modified and these are again dealt with within the fluctuations margins that have been existing for years. The European Monetary System bent, and even lost some of its components, but resisted, unbroken.

The new exchange rates of the European currencies, not wished by the authorities but imposed by the market, seem now to be justified even from the national point of view, and finally support the Economic and Monetary Union project. As one of the contributors to this issue writes the changes noted in the nominal and real changes have eventually resorbed most of the discrepancies in relative costs that appeared during the previous period characterized by the stability of nominal changes. The convergence efforts undertaken by the Member States are from now on carried on firmer monetary basis.

The credibility of the efforts undertaken at national level strengthen the credibility of the European monetary system in its whole, because the objectives are identical : price stabilization and struggle against inflation. The European economies are now too much imbricated for a possible come back to the "every man for himself" policy; a relatively rapid European monetary integration again seems to be a reasonable goal.

In this issue, contributors from six Member States give their views about these problems. According to their centres of interest, they offer elements to help reaching a better comprehension of this crisis, they analyze its effects, they weigh up its consequences or derive lessons for the EMU future.
 

The Editorial Board



Turbulences monétaire et crédibilité de l'UEM
 

De juin 1992 à la fin de l'été 1993, l'Europe a connu une période monétaire difficile caractérisée, avant tout, par une crise longue et profonde sur les marchés des changes. Ces difficultés ont paru telles que certains n'ont pas hésité à parler de la mort du SME (EMS) et à mettre en cause la crédibilité même du projet d'Union Economique et Monétaire.

Avant cette crise, l'opinion financière internationale était disposée dans sa grande majorité à faire confiance au projet de l'UEM en estimant qu'avec Traité de Maastricht les Etats-membres étaient entré dans une phase de stabilisation durable dans leurs relations de change, prélude à la fixité des parités de leurs monnaies. Cette opinion s'est retournée rapidement moins à cause de critères financiers non respectés qu'en raison de référendums difficiles sur l'Europe et de l'ampleur de la crise de l'emploi. qui ont semé des doutes sur l'engagement européen de certains de ces Etats. La chute de la première monnaie attaquée entraînait celle de la suivante et la crise aurait emporter le SME lui même si elle n'avait pas été stoppée par l'élargissement des marges de fluctuations.

Quelques mois après ces événements on s'aperçoit que tout n'est pas détruit: les parités entre les monnaies du noyau dur du SME (EMS) n'ont pas été modifiées et celles ci se traitent, à nouveau à l'intérieur des marges de fluctuation qui existaient depuis des années. Le système monétaire européen a ployé, il a même perdu quelques uns de ses éléments mais il n'a pas été rompu.

Les adaptations des cours des certaines devises européennes, non voulues par les autorités mais imposées par le marché, paraissent maintenant justifiées au plan national et, en fin de compte, favorables au projet d'union économique et monétaire. Ainsi que le constate un des auteurs écrivant dans ce présent numéro les mouvements enregistrés dans les changes nominaux et réels semblent avoir permis de résorber la plupart des divergences de coûts relatifs apparus au cours de la période précédente de stabilité des changes nominaux Les efforts de convergence entrepris par les Etats-membres sont désormais menés sur des bases monétaires assainies.

La crédibilité des efforts réalisés sur le plan national renforce la crédibilité du système européen dans son ensemble car les objectifs poursuivis sont les mêmes: stabilité des prix et lutte contre l'inflation, Les économies européennes sont maintenant trop imbriquées les unes dans les autres pour pouvoir en revenir au "chacun pour soi"; une intégration monétaire européenne relativement rapide apparaît à nouveau à certains états comme un objectif raisonnable.

Dans ce présent numéro, des auteurs de six Etats-membres provenant d'horizons variés expriment leur opinion sur ces questions. En fonction de leurs centres d'intérêt, ils présentent des éléments de référence pour aider à mieux comprendre cette crise, ils en analysent les effets, en soupèsent les conséquences ou en tirent des leçons pour l'avenir de l'UEM qui vient d'entrer dans sa seconde phase.
 
 
 

Le comité de rédaction